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En 2004, j'ai
pris le temps
d'observer, d'écouter et
d'essayer de comprendre
la situation.
J'ai fait une première
constatation : bien que
directement intéressé,
je suis quasiment
incapable d'établir la
liste des Députés
Européens Français, de
même d'ailleurs que la
liste des Parlementaires
Français. Et comme la
plupart des Français, je
ne sais pas ce qu'ils
font à l'Europe, je ne
vois rien à la télé, ni
dans la presse écrite.
Il n'y a ni bilan, ni
propositions, ni
actions.
J'en tire une conclusion
simple : le grand élan
et l'importante
mobilisation pour notre
candidature avait
suscité un grand espoir
en 1999. Faire élire des
représentants du monde
de la chasse et de la
ruralité était une
aubaine, une grande
chance pour la défense
de nos valeurs. Pendant
5 ans, les Députés
Européens ont travaillé,
beaucoup travaillé. Pour
quels résultats ? Qui le
sait. On peut se rendre
compte aujourd'hui que
notre présence a freiné
certains projets,
relancés maintenant
depuis que nous n’y
sommes plus Nos
électeurs, nos militants
qui attendaient des
résultats immédiats ne
l'ont pas su et ne l'ont
pas compris. La
conséquence fut donc la
démobilisation de notre
électorat, accentué par
des médias
volontairement absents
du débat européen. Je
suis aujourd'hui
complètement ignorant de
ce qui se fait à
l'Europe car personne,
parlementaires et médias
compris, n'en parle et
j'en suis stupéfait.
Faisant partie du
microcosme, j'imagine
alors l'ignorance des
autres. Les résultats ne
sont pas étonnants.
Deuxième constatation :
quand on en parle, on ne
parle pas d'un député,
on parle d'étiquette : UMP - PS - PC - UDF etc.
La seule identification
pour les gens est donc
la règle du parti.
Toujours accosté
aujourd'hui dans la rue,
dans les aéroports, à
Paris ou ailleurs, c'est
pour entendre dire
"c'est bien ce que vous
défendez". Pourtant,
beaucoup de gens
ignorent, même chez moi,
que j'étais député ou
que je ne le suis plus.
Par contre, on m'appelle
souvent "le chasseur".
Tout cela pour dire que
ce n'est pas ce que l'on
fait qui est important,
c'est l'image portée par
les médias, l'impression
que l'on donne qui est
fondamentale.
Troisième constatation :
en septembre, quand nos
adhérents ont compris
que CPNT pouvait
disparaître, ils ont
réagi et le doublement
des adhésions le
démontre. Cet élan
continue d'ailleurs
depuis le début 2005. La
vie politique n'est pas
simple mais elle
nécessite d'énormes
moyens et beaucoup de
relations, en
particulier avec la
presse, pour avoir une
place. D'autre part,
l'action quotidienne, la
routine, un comportement
responsable ou des
propositions ne servent
que très peu car
ignorées par les médias.
Par contre, la phrase
assassine, la perception
du scandale, l'action
démesurée font la une de
la presse.
La
mort de l'ours a pris
plus de place que
l'assassinat de deux
infirmières à Pau. L'assassin court
toujours et l'opinion
l'a oublié mais on remet
l'accent sur la
réintroduction d'ours.
Nous sommes en pleine
démesure. C'est ce qui
nous scandalise mais
nous n'avons toujours
pas trouvé de solutions
et les médias nous sont
toujours fermés. Pendant
ce temps, on s'épuise,
on focalise sur quelques
individus mais ça
n'intéresse qu'une
infime minorité de gens
avertis. Ils
n'intéressent personne
car ils sont inconnus.
En fait, on a vraiment
parlé de CPNT que
lorsqu'on a réellement
pu avoir l'antenne : -
aux Européennes de 1999
(liste nationale) - à
la Présidentielle de
2002.
Vous noterez d'ailleurs
que ce sont les 2 seules
fois où on a passé la
barre des 1
200 000 voix d'où
l'impact évident de
l'audiovisuel. La Télé
nous a alors donné la
parole parce que la loi
l'y obligeait. Depuis
(Législatives,
Régionales, Européennes
par circonscription),
silence radio. Ce sont
des élections
territoriales. Il n'y
avait pas de règles
médias qui imposaient un
traitement de tous, de
façon égalitaire: on
nous a donc écartés.
Ces
constatations, mais il y
en a d'autres à faire,
doivent nous permettre
de préparer l'avenir
avec un objectif, pour
rebondir, celui de 2007.
Cet objectif se prépare
dès aujourd'hui. Il se
prépare collectivement :
-
la stratégie : le
fondement de notre
Mouvement est
l'indépendance. Compte tenu des
nouvelles donnes
politiques, faudra t-il
apporter des correctifs
? Le temps nous le dira
mais il faudra être
attentif aux diverses
évolutions. Dans l'immédiat, il faut
maintenir le cap sans
refuser le dialogue et
les contacts mais sans
se compromettre.
-
Il faut réactiver les
réseaux. On voit
aujourd'hui que ce sont
nos bastions qui bougent
et progressent mais nous
sommes absents ou peu
présents dans certains
départements. Ayant le
temps et la volonté de
remobiliser, je suis
disponible pour animer
des réunions dans les
départements.
-
Les structures du
Mouvement devraient
faire également l'objet
de modifications afin de
gagner en efficacité.
Depuis quelques mois, le
Bureau National joue son
rôle. Maintenant, il
faut mettre en place une
nouvelle répartition des
rôles et pour assurer
l'avenir, jouer plus
collectif pour éviter la
personnalisation de
notre Mouvement.
-
La réflexion doit être
engagée auprès de nos
militants et de nos
cadres afin que l'on
puisse bien identifier
CPNT. Le seul document
officiel disponible
actuellement est celui
qui est sorti du Congrès
de Borgo. Il doit être
le point de départ de
cette réactualisation.
Il nous faut relooker
CPNT. C'est un travail
de fond collectif.
-
C'est donc un calendrier
d’actions qu'il faut
mettre en place et que
nous proposerons à la
prochaine Assemblée
Générale. Nous avons 2
ans de préparation pour
arriver à l'objectif
2007.La
feuille de route doit
être claire et il faudra
s'y tenir. Elle sera
jalonnée, dès cette
année, par des
évènements qu'il faudra
exploiter : -
en Février, la fermeture
de la chasse, -
en Juin, le référendum
sur la Constitution
européenne, -
en Août, l'ouverture de
la chasse.
Ce
ne sont que des exemples
et la liste n'est pas
exhaustive.
Nous connaissons
aujourd'hui la stratégie
du gouvernement en
matière de chasse. Se
servir de la Fédération
Nationale des Chasseurs
car c'est une
association conciliante
qui a l'avantage de se
soumettre facilement.
Passé le cap, elle sera
jetée comme un kleenex
car politiquement, elle
ne représente rien. Ce
qui veut dire que si
CPNT n'engage pas un
rapport de forces, les
conséquences risquent
d'être graves surtout si
les verts reviennent au
pouvoir car la politique
fera qu'ils reviendront
bien un jour.
Nous avons donc une
lourde responsabilité
qui nous oblige à être
prêts et déterminés.
Nous sommes le seul
frein d'un gouvernement
à une politique
anti-ruralité et
anti-chasse.
Aujourd'hui, CPNT a
opéré son redressement.
Nous avons doublé les
adhésions au cours du
dernier trimestre 2004
suite à notre appel de
septembre. Les
adhérents anciens 2001 -
2002- 2003 reviennent.
C'est un encouragement.
Grâce à cette action,
nous avons atteint
l'objectif 2004, ce qui
nous permettra d'avoir
une situation financière
positive en termes de
fonctionnement hors
campagne européenne.
Ceci a été possible
grâce aux économies et à
la forte mobilisation de
nos adhérents.
Avons-nous un autre
choix ? Je ne pense pas.
On peut d'ailleurs se
rendre compte que depuis
juin 2004, notre absence
au Parlement Européen a
donné un regain de forme
aux antichasse et aux
antiruralité plus
soucieux de relancer
Natura 2000 et les zones
sanctuaires que
d'aménager le territoire
d'une manière équilibré.
L'effort entamé depuis
septembre doit se
poursuivre car il est
indispensable pour
retrouver notre vraie
place dans l'échiquier
politique français. La
meilleure défense étant
l'attaque, je compte sur
la mobilisation de
toutes et tous afin que
CPNT puisse porter très
haut les espoirs de tous
ceux qui croient en nous
et en nos valeurs. |