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 TERRITOIRE - Actualité
 
 

 

 
01/02/2006

 

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  Risque de noyage par la mer du littoral picard sud : CPNT interpelle l’Etat !
   
 

Le 19 janvier, le Président de CPNT, Jean SAINT-JOSSE, accompagné de Nathalie Huiart, nouvelle déléguée CPNT 80, Nicolas Lottin, Conseiller Général CPNT était en visite sur le littoral Picard sud.
Le but de sa visite était, à l'invitation des acteurs locaux, de prendre la mesure du problème des marais des Bas Champs dans le secteur de CAYEUX ; Problème suivi de près par notre Conseiller Général N. Lottin

Situation
La digue de galets qui s'étend de Ault Onival jusque Le Hourdel est constituée par l'érosion des falaises. Ces falaises sont constituées de craie, avec des couches de silex qui tombant à la mer, se font brasser et finissent par l'arrondir. Ils prennent ensuite des courants marins qui finissent de les lisser avant de les renvoyer sur la côte.
Ces rejets de galets par la mer forme un cordon de galet d'ouest en est, la ville de Cayeux (en patois picard un caillou, un galet, se dit "Cayeux") étant orienté au Sud Est de la digue.
Cette digue de galets a ainsi permis la formation des " Bas Champs " où l'homme a tiré profit du retrait de la mer en construisant des digues afin d'exploiter les terres qui se trouvent en contrebas de la mer (d'où le terme " les champs bas ou bas champs "). Ainsi, le hâble (ancien port de Cayeux) est devenu un immense marais " naturel " où chasse et pêche sont très fortement développées.

Le problème
La digue est la seule protection contre la mer pour les habitants de cette région dont les bourgs sont situés … en dessous du niveau de la mer. vAussi, quand le vent de Nord Ouest souffle pendant les grandes marées avec menace de tempêtes, se pose le risque de la rupture de la grande digue car elle est rongée année après année par la mer qui, en plus, apporte de moins en moins de galets elle-même: 10 villages seraient menacés (+ de 5000 personnes sont concernés de Cayeux jusqu'à Ribeauville, hameau de st Valery).
Le risque de noyage du secteur est donc bien réel.
La fragilisation de cette digue est telle que depuis des décennies, on la renforce à divers endroits (là où il ya faiblesse) mais la nature essayant de reprendre ses droits, cela se refragilise plus loin.
En ce moment, le cordon de galets recule d'une quinzaine de mètre après chaque période grande marée sans vent, et ce tronçon fait l’objet d'une attention journalière.
A terme, se pose le risque de noyage du secteur si rien n'est fait pour stabiliser ou renforcer cette digue.

Quelles solutions ?
A ce jour, on impose aux carriers (exploitations des gravières, nombreuses dans le secteur) de remettre sur la côte un apport de galets terrestres équivalent au tonnage de matériaux exploité afin de compenser le déficit en apport de la mer ; soit 80 000 tonnes par an !
En plus, ce galet gris étant un des meilleurs du monde en teneur et qualité de cilice, on l'exploite aussi sur la côte mais là, obligation identique : les extracteurs sont tenus de compenser en tonnage équivalent.
L'enjeu est aussi économique car ces galets, de par leur qualité, servent une fois pilés et concassés à l'industrie pharmaceutique, cosmétique et chimique (lessive, peinture, etc).

Mais ceci n'est pas suffisant
Un ministre est venu pour voir si une étude approfondie et financée par l'Etat était bien d'actualité (chez Chirac, on ne croit que ce l'on voit…) et des ouvrages genres épis en rochers de défense contre la mer sont prévus.
Pour CPNT, c'est insuffisant et ça tarde trop ! L'Etat se bouge plus quand les inondations concernent PARIS !
Il y a urgence et comme le revendique Nicolas LOTTIN, Conseiller Général CPNT du secteur, l'urgence, c'est la défense contre la mer. Celle-ci a perforé la digue il y a 13 ans et peu de choses ont été faites depuis pour empêcher la casse au cas où ça se reproduirait.
Pour CPNT, et comme l'a rappelé Jean SAINT-JOSSE lors de sa visite et devant la presse, l'Etat et les décideurs parisiens doivent enfin écouter les gens de terrain et pas les technocrates car eux savent ce qui est bon pour leur terroir. Dans l'urgence, il faut de gros moyens de défense contre la mer : des gros rochers ou croix de St André en béton qui, s'ils avaient déjà été posés comme le demandent les locaux depuis longtemps, auraient pu briser les flots afin que les vagues détériorent moins la digue.

Pour CPNT, la question se pose : L'Etat fait dans l'immobilisme malgré leurs appels au secours et leurs avertissements : leur tort a t’il été de ne pas casser et brûler de voitures pour se faire entendre ? L'Etat attend-il encore une catastrophe pour réagir, comme d'habitude ?
Alors, place au pragmatisme et écoutons les solutions demandées par les locaux !

 
 
 
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